les créations

La création, regard sensible de Michaël Dian.

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On s'interroge beaucoup sur ce qu'est la création artistique, sa nécessité autant que sa nature. Il n'est pas de réponse aisée, et aucune n'est définitive, évidemment... Au mieux, oserait-on risquer que toute création procède d'un élan profond, d'une poussée secrète, qu'elle est une réponse à un appel, une promesse de vie. Mais, on sent bien qu'on a peu éclairci la chose en avançant cela...

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Que toutes les réalisations qui se parent de ce nom ne soient pas de même portée, que beaucoup d'entreprises échouent, compte peu. Comme ailleurs, la réussite est l'exception et l'on s'efforce beaucoup sans toujours atteindre à ces moments de grâce tant espérés. Mais, parfois, ce qui se joue un soir de première, vient cueillir l'enfant en chacun de nous, et ensoleille un repli de l'âme, émerveillée et pleine de gratitude.

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Parfois, l'apparition de l'oeuvre, cette cristallisation complexe de désirs multiples, fait exister la possibilité d'un partage. Ce ne sont plus seulement des interprètes qui jouent la musique d'un compositeur réjoui de l'entendre enfin, un public qui assiste à un concert, une équipe qui accomplit ses missions...

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C'est, bien au delà des motivations individuelles, un espace qui s'ouvre et se creuse, par l'oeuvre, dans l'oeuvre. C'est cette dimension supplémentaire qui s'invente, s'invite, permet à chaque spectateur de s'harmoniser avec ce qui l'entoure. Chacun écoute, ou plutôt s'écoute dans le retrait que tous effectuent en eux-même, par un effacement provisoire des volontés. Comme une manière de communion, simple et paisible, désencombrée de toute justification.

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J'ai eu le sentiment que L'Homme qui plantait des arbres, la partition sonore conçue par le compositeur marseillais Georges Boeuf sur le texte de Jean Giono, créée à Gap, le 23 mai 2013, nous a offert cette possibilité. J'en ai reconnu la saveur. Le berger Elzéard, dont les mécaniques sonores de Georges Boeuf ont dévoilé les pensées généreuses, continue de marcher dans nos coeurs. Sa constance désintéressée, son opiniâtre générosité, ont éveillé pour longtemps des états de l'âme secrètement gardés, et avec ce goût retrouvé, une ardeur nouvelle, comme rafraîchie dans l'eau rapide et l'herbe épaisse des vallées.

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Les échanges réguliers avec les gens d'ici et des anciens qui l'évoquait au détour d'une phrase, m'avaient mis sur la voie de l'émigration, sujet universel s'il en est. Guillaume Lebaudy, directeur de la Maison du Berger avec lequel j'entretiens une connivence précieuse, m'a invité à visiter l'exposition Martin Berger, le très beau travail de Christophe Galleron. Avec l'équipe, qui m'accompagnait ce jour-là à la Maison du Berger, nous avons senti que c'était le sujet que nous recherchions. Après, cela a été trois mois de travail, pour penser le projet, son format, trouver les partenaires, les possibilités de financement...

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Ainsi, le projet de création du Grand Tomple, ou l'épopée extraordinaire des Haut-Alpins en Amérique, une création musicale pour deux récitants - chanteurs, cinq musiciens et dispositif électro-acoustique, commande de l'Espace Culturel de Chaillol au compositeur Ivan Solano, sur un livret de Catherine Peillon, est né de ce désir de poursuivre, en l’approfondissant, le sillon creusé par L’Homme qui plantait des arbres, et l'année précédente, la création de Jadayel, création qui réunissait en 2012 les musiciens du Quatuor Bela et le Duo Sabil pour une création délicatement tressée entre orient et occident.
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En 2015, Nadav Lev a été l'artiste associé à l'Espace Culturel de Chaillol. Au-delà du geste de commande adressé à Nadav Lev, l’ambition partagée est de proposer une approche ouverte, volontairement panoramique de la notion de création musicale et de sa mise en oeuvre dans un programme de concert. De ce fait, le geste compositionnel de Nadav Lev ne se cristallise pas seulement dans les partitions qu’il a produite, mais tout autant dans la composition des programmes de ses concerts, programme qui ont été envisagés comme un geste d’écriture à part entière, c’est-à-dire proposant une articulation réfléchie des oeuvres entre elles, invitant l’auditeur à envisager le concert comme une forme, un parcours, une aventure musicales. 

 

En 2016, nous avons passé commande à Gilad Hochman, jeune compositeur que nous a présenté la soprane Tehila Nini Goldstein. Il a composé une pièce pour le Trio Sferraina : River of Silence. Pour les 20 ans du festival, il était normal de passer commande à notre compositeur associé Georges Boeuf. Il a composé une Partita pour accordéon seul dédié à Élodie Soulard. Enfin, quand Emilie Delorme, présidente de l'association Saba nous a proposé de faire partie de l'aventure de A la croisée des rêves menée par Moneim Adwan autour de l'oeuvre poétique de Khalil Gibran, nous avons choisi de co-produire la création.

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CRÉATION 2012

 JADAYEL / Quatuor Bela & le Duo Sabil

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CRÉATIONS 2013

 L'HOMME QUI PLANTAIT DES ARBRES / Georges Boeuf 

 AT THE DOORS OF PERCEPTION / Ivan Solano 

 TROIS AUTRES PERSPECTIVES D'UNE ABSENCE  / Ivan Solano

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CRÉATIONS 2014

 LE GRAND TOMPLE / Ivan Solano & Catherine Peillon

et aussi

 ANIMAUX MACHINES / Alessandro Markeas

 CHAINES / Alessandro Markeas

 COULEURS DU VENT / Georges Boeuf

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CRÉATIONS 2015

 NADVAV LEV

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CRÉATIONS 2016

 RIVER OF SILENCE / Gilad Hochman

 PARTITA POUR ACCORDEON SEUL, pour Élodie Soulard / Georges Boeuf

 A LA CROISÉE, autour de l’oeuvre poëtique de Kahlil Gibran / Moneim Adwan coproduction association Saba